Les Poupées Birgé

 

 

Dans le livre Jeux et jouets de 1970, Les Etablissements Birgé sont répertoriés dans les fabricants de poupées, comme suit :

Birgé (Ets) SA Cap 240 000 F, 11, rue Jules Ferry- 88- NEUFCHATEAU (Vosges)

PDG Madame Birgé (s.).

Fabrications : poupées en matières plastique incassable, marqué "JOPO" 

Habillage de poupées.

 

Neufchateau est une charmante petite ville des Vosges ou fleurissent, au début du 20e siècle, des usines de tissage.

 

En 1898, Léon Birgé dirigeait une de ces usines, il s'était spécialisé dans la broderie. De 1918 à 1939, l'usine est reprise par son fils André, qui se spécialise dans la fabrication de lingerie féminine.

 

L'entreprise restera en sommeil durant la seconde guerre mondiale.

 

En 1945, André Birgé retrouve son usine, mais se voit dans l'obligation de réduire son personnel. Il décéde en 1950.

 

Son fils Serge se lance alors dans la fabrication de poupées de chiffons, tout en conservant un département lingerie femme et enfants. Ces poupées de chiffons, au dire de Madame Porot, n'avaient comme signe de reconnaissance qu'une étiquette portée en bracelet. Je n'ai jamais vu aucune de ces poupées, ou alors je ne les ai pas reconnues.

 

Ensuite furent fabriquées des poupées dont le corps était en toile cirée, avec une tête de style Huart, mais marquées BIRGE en relief dans le cou.

Ensuite vinrent des poupées en carton pressé, seuls les bras étaient en composition. Ces poupées sont reconnaisables à leur corps très petit par rapport à leurs membres.  Ces poupées, habillées, ne présentent aucune disproportion.

 

 

Avec l'avènement du plastique, de nombreux modèles de poupées se succédèrent, les premières sont en polystyrène, je n'ai pas connaissance de poupées Birgé en rhodoïd.

 

 

En 1957, 500.000 poupées soit 15% de la production française sortaient des Etablissements Birgé. Voici quelques modèles fabriqués entre 1960 et 1971.

 

 

En 1957, l'usine emploie 200 ouvrières dont cinquante à domicile, pour la plupart des habilleuses. C'est à cette époque que l'on trouve dans des catalogues des poupées sous licence Bonomi : Jenny, Stephie, Annie, Kitt.

 

1969 voit la naissance des celèbres poupés « les Parisiennes » de Kiraz. Ces poupées sont très rares et très recherchées des collectionneurs.

 

En 1969, on trouve également une poupée appelée Marika, la poupée qui rit en remuant la tête. Il s'agit en fait de la poupée GIGGLE d'Ideal Toys, commercialisée sous le prénom de Marika par la Maison Birgé.

 

La maison BIRGE a également produit des poupées pour Magazines :

 

- Dans les années 50, Mireille, pour le magazine du même nom

 

Dans les années 60, Emilie, pour le magazine Bergères de France

 

- Fin des années 60, Valérie pour le magazine Mon Ouvrage Madame

 

- Pour la même période, Lorraine pour le magazine Elle

 

- En 1969, Marianne, dessinée par Effe, pour le magazine du même nom

 

 

Face à la concurrence Italienne et Japonaise en particulier, les Etablissements Birgé déposent le bilan de leur fabrique de poupées en 1971, mais une cinquantaine d'ouvrières continuent la confection  de vetements d'enfants et de robes de grossesse.

 

L'usine ferme définitivement ses portes en 1983.

 

Ces renseignements proviennent de diverses sources, articles de journaux de l'époque, catalogues de jouets, rencontre avec des ouvrières de l'usine, conversations avec Anne-Marie Porot, avec la propriétaire du musée de Neufchateau, je possède également quelques documents relatifs à ces poupées. 

 

Amitiés,

Chloé