Les Parisiennes de Kiraz

 

 

Kiraz, de son vrai nom Edmond Kirazian, illustrateur et créateur de bandes dessinées, né au Caire en Egypte le 25 Aout 1923, s’est installé à Paris dans les années 40. Il exerce alors son art dans les Ateliers de Montparnasse, tout en travaillant pour Jour de France, un hebdomadaire.

 

En 1959, son patron Marcel Dassault, le fait passer du croquis politique au dossier humoristique, pour notre plaisir à tous.

 

C’est ainsi que par cet amoureux des belles jeunes femmes fréquentant les hauts lieux de Paris, naquirent les parisiennes. 

 

Ces jeunes femmes, représentées sous forme de gouaches très colorées, probablement inspirées de Modigliani, arpentent les rues parisiennes… : longilignes, élégantes, vetues à la dernière mode, elles incarnent pour leur auteur la femme française, faussement naive, assez impudique, très libre, un poil provocante mais jamais vulgaire.

 

Ces jeunes femmes sont tellement attachantes qu’au fil des semaines de parution de Jour de France, on en oublie qu’elles ne sont pas réelles.

 

 

Les Parisiennes ont servi d’illustration  à des publicités pour Canderel ainsi que pour les panty Scandale. On les trouve également en effigies sur des cartes téléphoniques.

 

Le canon féminin de KIRAZ est un canon à 7 têtes. La distance tête-pubis est de 3 et celle pubis-pied de 4. C'est dire si KIRAZ allonge exagérément les jambes.

 


Dans la veine graphique d'un MODIGLIANI, son art est une conjonction de simplification, d'exagération et de fluidité.

 

La tête est ronde et toujours identique: un vrai icône de tête.

Les oreilles sont toutes petites.

Les yeux en amandes sont à mi hauteur du visage et la bouche, triangulaire, au 1/4 inférieur.

Le nez est à peine dessiné, comme c'est le cas souvent pour la gente féminine.

La poitrine est haute et symbolique.

Le buste est filiforme et très droit (alors que c'est plutôt un triangle, habituellement).

Les hanches sont larges comme deux troncs.

Les mains sont toutes en fluidité.

 

Plus on descend et plus c'est long et les jambes font 4/7 ème du corps !

 

De nos jours Kiraz continue à dessiner et très certainement à  admirer les parisiennes… Il a dit : « de génération en génération, je ne me lasse pas de les regarder. Pour moi ce sont les maitresses du monde ».

Les Poupées inspirées des Parisiennes de Kiraz

 

En 1967, Kiraz demande aux Etablissements Birgé, fabricants  de poupées  à Neufchateau dans les Vosges de lui créer une figurine à l’effigie de ses parisiennes.

 

La poupée naquit  en 1967,  elle sera commercialisée par les grands magasins parisiens telles les Galeries Lafayette, ainsi que dans les magasins dépositaires de la marque Birgé.

 

Elle  mesure 27 centimètres et est fabriquée en caoutchouc lisse.

 

C’est une très jolie  jeune femme  aux grands yeux peints en blanc et noir, très écarquillés. La bouche, toute petite, est peinte en rouge vif, le nez est minuscule. Son cou est long et fin.

 

Sa tête est montée sur rotule, la couleur des cheveux varie, ainsi que leur coupe et leur coiffure. Les couleurs vont du blond au brun jusqu’au roux vif, les coiffures vont du cheveu court au cheveu long, au chignon, à la queue de cheval…

 

Ses bras sont très longs, terminés par de petites mains fines.

 

Suivant les critères féminins définis par Kiraz (voir la première partie), les jambes articulées sont démesurées, la taille est tournante, les pieds touts petits et fins.

 

La poupée ne porte pas de vernis à ongles, ni aux mains ni aux pieds. Elle ne porte aucune marque.

 

Les vêtements ne sont jamais griffés mais d’excellente qualité, très bien finis. Ils ferment soit par une pression en laiton, soit pour certains modèles par un scratch…

 

Ils sont très variés, ont été inspirés par des tenues de Haute Couture signées Paco Rabanne, Courrège, Carven… etc…. Les tenues portaient les noms des places et rues de Paris,

 

On trouve des tailleurs, des robes, des capes, des manteaux, même un uniforme d’hôtesse de l’air.

 

Les chaussures sont en plastique rouge, blanc ou noir et sont tres fines. On peut également trouver de hautes bottes blanches.

 

En 1968, une nouvelle ligne de vêtements a été dessinée par Kiraz, et annoncée dans les catalogues de jouets : a ce jour il n’a pas été trouvé trace de ces vêtements, on ne peut pas dire si ils ont été vendus sur des poupées ou séparément.

 

La poupée était présentée dans une boite en carton, marquée les Parisiennes de Kiraz, Birgé/Neufchateau. Le couvercle est en rhodoid. En plus de la poupée, le boite contenait un présentoir en forme de branche d’arbre…

 

A l'époque, cette poupée n'a pas rencontré un grand succès, sa production n'a duré que de 1966 à 1968. Ceci explique que de nos jours elle est très rare et très recherchée des collectionneurs.

 

Amitiés

Chloé

Quelques objets en variante

Montages de Chloé